Festival des terres nourricières
Classe de 2ième Environnement, Bachelier en agronomie de la Haute Ecole de la Province de Namur

Atelier n°1 : « Le prix juste »

Comment faire en sorte que plus de consommateurs s’intéressent aux systèmes de distribution alternatifs qui s’avèrent être plus rémunérateurs pour les producteurs ?
Pour répondre à ce problème, il a été dit qu’il est indispensable de créer des lieux qui rassemblent une offre importante en produits agricoles locaux, afin de correspondre aux besoins des consommateurs : coopératives, magasins de producteurs, épiceries, réseaux de distribution, etc. L'agriculture soutenue par la communauté reste le moyen le plus efficace pour s'engager réellement dans notre souveraineté alimentaire. Aussi, pour soutenir le développement des systèmes (de distribution) alternatifs, il est primordial de recréer des collectifs entre mangeurs et producteurs. Enfin, internaliser les coûts de production de l’agriculture (coûts sociaux, environnementaux) permettrait de faire refléter la juste valeur des choses, et de facto de favoriser les produits issus de l’agriculture locale et durable. Le Système Participatif de Garantie est un merveilleux outil pour se réapproprier notre alimentation. Renseignements : Serge Peereboom Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Atelier n°2 « Dépendances économiques et politiques »

Les systèmes agroalimentaires subissent le surcroît de normes, la compétition mondialisée, et l’incohérence de certaines politiques antagonistes. Il en résulte des difficultés de reprises de ferme et de financement importants.
Dans ce contexte, les solutions locales, à échelle citoyenne semblent donner des fruits. Il faut les soutenir. Mais ce ne sera pas suffisant pour engager une réelle transition des systèmes alimentaires. Un mouvement de protestation, de désobéissance est nécessaire pour faire évoluer le cadre dans lequel nos activités s’inscrivent (le capitalisme). A partir d’une base citoyenne, nous pouvons faire remonter les souhaits d’évolution future auprès du politique. C’est indispensable.

Atelier n°3 : « L’accès à la terre »

En Wallonie, la compétition pour l’accès aux terrains a conduit à une envolée des prix de vente de terres. Se pose dès lors la question de la sécurisation du droit à produire pour les agriculteurs.
Malheureusement, peu de personnes connaissent cette problématique. Il est par conséquent important d’expliquer le problème au grand public si l’on veut compter sur lui dans la mise en place de solutions. Du côté de l’Etat, il est également important de sensibiliser les acteurs institutionnels afin de lutter contre la spéculation, la hausse des prix mais aussi pour la mise en place d’un cadre législatif qui puisse protéger les agriculteurs. A noter l’initiative de Terre en Vue, qui contribue à préserver les terres pour l’agriculture.

Atelier n°4 : « Oser le changement »

Nous constatons qu’au-devant des nombreux défis que rencontrent l’agriculture et l’alimentation, seul un nombre limité d’agriculteurs mettent en place de réels changements de pratiques ou de modèles agricoles.
Parmi les pistes pour engager et motiver le changement chez un nombre plus grand d’acteurs, nous avons identifié le potentiel qui réside dans les associations entre producteurs et entre les producteurs et les mangeurs (coopératives, réseaux, partenariats durables, etc.). Nous pensons également que le changement passera par la propagation des témoignages de conversions réussies. Pour gagner en liberté et indépendance, il sera nécessaire de travailler sur les relations humaines afin de s’émanciper de l’agro-industrie.

Atelier n°5 : « L'agriculture de conservation des sols »

Face à la perte en fertilité et l'érosion des sols un ensemble de techniques ont été mise au point sous le nom d'agriculture de conservation. Cet ensemble technique alimente aujourd’hui une communauté grandissant d’acteurs dont les expérimentations conduisent à des changements radicaux au niveau des pratiques agricoles.
Les piliers de cette agriculture sont : le semis direct (non labour), une couverture maximale des sols et une rotation adaptée des cultures. D'autres points importants sont la réduction en produits phytosanitaires et l’emploi d'engrais organiques/de ferme. C'est un travail assez intellectuel, technique, puisqu’il faut toujours s'adapter face au climat/maladies/ravageurs/adventices, avec des rotations et des couverts végétaux adéquats. Les coûts au final peuvent diminuer avec les années. Le rendement lui est souvent est supérieur, et le sol se porte mieux. Il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre une reconnaissance de cette agriculture (via subsides ou label), d'où la nécessité d'en parler auprès du public.

Atelier n°6 : « Gestion de l’eau »

La question principale était : comment, au niveau de l’agriculture, remédier au manque d’eau et à l’amélioration de sa qualité en Wallonie ?
Parmi les solutions envisagées nous avons ciblé les solutions suivantes : créer des réservoirs et des barrages de stockage, favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol grâce à des pratiques culturales adaptées (TCS, non labour), accompagner les agriculteurs vers la réduction des produits phytosanitaires, éviter les concentrations d’animaux (même en bio) en favorisant une agriculture extensive, limiter les néo polluants (médicaments). Les structures porteuses identifiées sont les suivantes : mouvements citoyens (Terre-en-Vue, CCAT et PCDR), Protect’eau et GISER.

 Atelier n°7 : « Le charbon végétal »

Dans la problématique de la perte de fertilité et de la conservation des sols, le charbon végétal apparaît comme une technique intéressante et innovante. Issu de tout matériau végétal ayant subit un traitement de carbonisation (pyrolyse), le charbon végétal était déjà utilisé dans l’Antiquité. Aujourd’hui, s’il est encore utilisé pour la santé, il présente également un potentiel important dans une agriculture à la fois efficace et respectueuse de l’environnement.
Le projet pilote de Kaindorf, en Autriche démontre par la création d'un certificat CO2 réaliste et appliqué que les fermiers peuvent être gagnants en augmentant le taux d'humus, ce qui contribue également à une augmentation de la fertilité des sols. A long terme, ce facteur est très important car les agriculteurs deviennent alors des acteurs essentiels dans la dé-carbonisation de l'atmosphère.

Atelier n°8 « Autonomie fourragère du bétail »

Actuellement, les systèmes agricoles sont très dépendants d’importations de matières produites hors des fermes, occasionnant des coûts financiers et des coûts sur l’environnement importants.
Pour viser l’autonomie fourragère d’une ferme, il serait souhaitable que cette ferme adapte ses productions (animales) à ses capacités de production (végétales). On parle bien entendu du lien entre productions végétales et productions animales dans la problématique de l’autonomie fourragère. L’autonomie fourragère pouvant nécessiter des investissements importants (stockage des fourrages par exemple), il serait intéressant que les agriculteurs (re-)mettent en place des échanges entre eux pour se rendre compte de l’intérêt important de ces investissements (collaborations, paille contre fumier, etc.).

Table n°9 : Agroforesterie

La problématique réside dans la perception tant institutionnelle qu’individuelle, de la place que l’on pourrait donner à l’arbre (et aux ligneux) en agriculture.
L’agroforesterie est tout d’abord vu comme un ensemble de techniques qui intègrent les ligneux dans les systèmes agricoles existants. Mais pour mener à bien cette intégration, il est important de discuter et de valider les intérêts écologiques, climatiques, agronomiques et alimentaires de l'agroforesterie. Ces intérêts sont pour l’instant très mal connus et certainement mal reconnus et perçus. Parmi les nombreux freins nous pouvons encore citer le peu de soutien politique et les nombreux blocages psychologiques. Pour lever ces freins, des essais, de la vulgarisation et de la démonstration seront nécessaires.

Eléments transversaux aux 9 tables rondes

Coté citoyen : Le consommateur est en partie responsable à travers les choix qu’il pose lors de l’acte d’achat. Favoriser des produits de qualité encourage les bonnes pratiques. Nous avons besoin d’espaces de rencontres pour diffuser ce constat et pour éviter que les seules informations propagées ne soient celles qu’on retrouve dans la presse, parfois partisane et clivante. Les mouvements citoyens sont des acteurs importants de ce travail d’information. Nous soulignons l’importance de travailler sur le long terme, et donc à travers de programmes structurels et politiques.
Coté agriculteur : Nous identifions un besoin important de revalorisation de l’aliment qui ne doit plus être considéré comme un simple bien de consommation mais bien comme un fondement de notre société. On ressent également le besoin de voir apparaître ou connaître des fermes-tests qui serviront au partage de savoir autant vers les agriculteurs que vers les mangeurs. Nous pensons aussi que l’agriculture doit développer plus profondément d’autres fonctions que la fonction alimentaire telle que la fonction de récolte et d’entretien de l’eau, de la production et du stockage